mercredi 29 février 2012

Les premiers Krachs remontent au 17ème siècle


Premier krach boursier

Nous sommes en Hollande, en 1637. A cette époque, la tulipe est une fleur encore exotique, récemment rapportée de Turquie. D'abord réservées à quelques privilégiés, ces fleurs se répandent rapidement auprès des riches familles qui veulent toutes en avoir dans leur jardin.
La tulipe, à l’époque, surprend parce qu’à partir de quelques bulbes qu’on croise assez facilement, il est possible d’en créer une infinité de variétés... La tulipe est rare et fragile. Elle est donc chère. Mais qu’importe : l’engouement est tel que les bulbes s’arrachent. Certains n’hésitent pas à vendre leur maison…
Or la saison où l’on peut acheter des bulbes dure seulement quelques mois : de juin, période de récolte, à octobre, date limite de mise en terre. Quelques producteurs, pressés par une demande croissante et attirés par la perspective de juteux profits, ont alors d'idée de vendre la production suivante dès la fin de la récolte en cours.
A partir de ce moment, les acheteurs s'arrachent des bouts de papier sur lesquels sont simplement inscrits les dates de livraison des tulipes achetées. Ces bouts de papiers passent de mains en mains, sans que personne ne s'inquiète plus de la réalité des biens achetés. De petits malins en profitent alors pour multiplier les promesses de livraisons, bien au delà des quantités plantées...
En février 1637, tout l'édifice finit par craquer. Le gouvernement est alors obligé d'intervenir. Il nomme une commission qui recueille les titres et propose de payer un pourcentage (3,5%) du prix d'achat initial à leur propriétaire... Des milliers de Hollandais sont ruinés. Sauf quelques malins qui ont vendu avant le krach. LaTulipomania est la première grande bulle spéculative. Et a provoqué le premier krach au monde. Il y en aura bien d’autres...

UN ELDORADO FRANÇAIS

Cette fois-ci nous sommes à Paris, en 1715 : les caisses sont vides à la mort de Louis XIV. Un écossais, John Law, lui propose alors de créer une banque qui émettra du papier-monnaie contre de l'or et prêtera à l'Etat le métal récolté. L’idée est bonne : il s’agit de faire circuler plus rapidement la monnaie, de donner un coup de fouet au commerce et de générer, au final, davantage de taxes et donc d'impôts.
L'idée d'émettre du papier, qu'on appelle alors des "billets", gagés sur l'or, plait au Régent. La banque se met alors à émettre. Et puis, comme toujours, elle se laisse gagner par l’euphorie : elle émet plus de papier qu’elle n’a d'or et d'argent en dépôt.
John Law n’en reste pas là, en 1717, il crée la Compagnie d’Occident qui obtient le monopole du commerce avec la Louisiane en rachetant la compagnie du Mississippi. La société est rebaptisée Compagnie perpétuelle des Indes en 1719 et promet d’exploiter les filons d’or de la Louisiane. L'or que personne n'a trouvé. L'or que d'ailleurs personne n'a songé à chercher sur place.
La spéculation est intense, en quelques mois, les cours sont multipliés par quarante. La Bourse, en France, n'a pas encore de lieu fixe. Elle se tient rue Quincampoix, en pleine rue, au milieu d'une cohue indescriptible. La fièvre des parisiens pour ces actions est illustrée dans les deux versions du film « Le bossu ». Au bout de deux bonnes années, les investisseurs finissent par se poser des questions : existe-t-il des mines en Louisiane. Les a-t-on explorées et prospectées.
Face à l’absence de réponse, les actionnaires s’alarment : en février 1720, deux princes de sang, le duc de Bourbon et le prince de Conti, réclament le remboursement de leurs billets. Et comme ces billets sont gagés sur l'or, ils demandent un remboursement en bons Louis d'or ou en lingots.
La Compagnie peut les rembourser. Pas les suivants : les demandes de remboursement se heurtent à des caisses vides. Et le 10 octobre 1720, la Compagnie du Mississippi s’écroule, et tout le système de Law avec elle : c’est la banqueroute.

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