vendredi 20 janvier 2012

L’actualité de la semaine



  •  Marchés : 
Voilà une semaine, l’agence Standard & Poor’s (S&P) dégradait les notes de neuf pays de la zone euro, dont la France qui perdait ainsi son AAA. Cette décision n’a pas eu d’impact notable sur les marchés. D’abord, la sanction n’a pas été aussi draconienne qu’on aurait pu le craindre, avec la perte d’un seul cran pour la France et le maintien de la meilleure note possible pour l’Allemagne. C’est donc une forme de soulagement pour des marchés, inquiets d’un déclassement plus sévère. Ensuite, depuis la mi-décembre, date de la première mise en demeure de S&P, les investisseurs ont marqué un regain d’appétit pour les titres souverains en pariant sur le recyclage d’une partie de l’abondante liquidité offerte par la Banque centrale européenne aux banques sous la forme d’achats d’obligations publiques, aisément escomptables au guichet de la Banque centrale. En plus, ces mécanismes de refinancement bien huilés jouent un rôle assurantiel, avec des banques plus sereines face à de lourdes tombées d’échéance en 2012 et qui avec ces réserves de liquidité retrouvent du « crédit » auprès des marchés. Ces échanges sont pour l’instant cantonnés à de courtes maturités, mais pourraient gagner en maturité à mesure que la confiance renaît. On a également des nouvelles encourageantes en provenance de Grèce. Les négociations ont repris entre l’État grec et ses créanciers privés et on parle désormais d’un accord imminent sur le programme d’échange de dette (PSI). Certes, le coup de rabot sur la dette grecque pourrait être plus important qu’ini-tialement anticipé, mais il ouvre la voie au déblocage de nouvelles tranches d’aide éloignant le spectre d’un défaut désordonné de la Grèce aux conséquences encore plus dommageables. La conjoncture reste également clémente aux États-Unis avec des indicateurs immobiliers mieux orientés, des inscriptions au chômage en baisse, une inflation en repli et une reprise industrielle intacte. Que l’économie américaine aille mieux est une bonne nouvelle pour une Europe qui aspire à être tractée par l’extérieur, à l’heure où les économies domestiques plient sous le poids de l’austérité. Il ne faut d’ailleurs pas éluder le message d’alerte envoyé par l’agence S&P, avec une Europe qui s’est focalisée sur la rigueur comme ultime moyen d’alléger le poids des dettes, quitte à sacrifier à court terme la croissance. Il est certain que les États n’ont pas fait preuve d’exemplarité dans la gestion de leurs finances. Mais, c’est aussi oublier que l’on a vécu une crise financière sans précédent, qui a alourdi mécaniquement les passifs publics avec une socialisation des pertes bancaires et une récession historique. Par ailleurs, la source du mal vient surtout de l’affaiblissement des positions concurrentielles au sud, un problème longtemps masqué par l’illusion d’une croissance dynamique tirée par les excès de leviers et les bulles de prix d’actifs (immobilier surtout), lesquels ont faussement gonflé les recettes publiques et incité les États à plus de largesses. Le vrai défi pour l’Europe est donc de trouver les ressorts d’une croissance saine et durable, seule garante à terme de la soutenabilité des dettes. C'est tout l'enjeu des prochains sommets européens avec le sujet de la croissance remis au centre des discussions. Le fait que les marchés reprennent confiance ne peut qu'aider en permettant de desserrer l'étau sur les États et les banques. Les marchés actions remontent et les primes de risque souveraines se dégonflent, ce qui redonne de la valeur aux actifs. En revanche, que l'euro (autour des 1,29 contre dollar ce vendredi) profite de ce regain d'optimisme n'est pas nécessairement une bonne chose pour un sud toujours en quête de compétitivité.



  •  UEM : 
La semaine a été marquée par un fort rebond de l’indice ZEW (+32,2 points) qui intervient après une amé-lioration du climat des affaires d’ores et déjà constatée en Allemagne, en décembre, dans l’ensemble des enquêtes de conjoncture. En revanche, l’indice de confiance des ménages belges (enquête BNB) a fortement reculé en janvier (-4 points), ce qui ne laisse pas supposer un soutien de la consommation privée à une croissance déjà fragilisée par l’affai-blissement de son moteur extérieur au quatrième trimestre 2011 et au premier trimestre 2012. L’inflation en zone euro a ralenti sa progression passant de +3% a/a en novembre à +2,7%. Ce ralentissement devrait se poursuivre au cours des prochains mois : elle est attendue à +2% en moyenne en 2012, contre +2,7% l’année dernière (cf. page 3).



  • Royaume-Uni

L’inflation CPI a fortement reculé en décembre, pour le troisième mois consécutif, à 4,2% en glissement annuel, après 4,8% en novembre. L’inflation sous-jacente a fléchi plus légèrement, à 3,0% a/a, après 3,2% a/a le mois précédent. L’indice des prix CPI a progressé de 0,4% m/m en décembre. Le recul de l’inflation s’explique en grande partie par des effets de base favorables liés à la répercussion dans les prix, dès décembre 2010, du relèvement de la TVA de janvier 2011 de 17,5% à 20%. En outre, le taux de chômage a progressé sur les trois mois à fin novembre pour atteindre 8,4%, son plus haut niveau depuis 1995. Les ventes au détail ont bondi de 0,6% m/m en décembre, stimulées par les promotions des commerçants pour les fêtes de fin d‘année. 

Hebdomadaire crédit agricole – n°03/12 – du 16 au 20 janvier 2012

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