lundi 12 novembre 2012

La fuite des capitaux, un obstacle majeur à la mobilisation des ressources domestiques

Ameth Saloum Ndiaye, chercheur en économie à l’université de Dakar, au Sénégal, exhorte les dirigeants africains à évaluer les répercussions financières causées par la fuite des capitaux en Afrique.

La déclaration d’Ameth Saloum Ndiaye intervient au moment où la Banque africaine de développement (BAD) affirme, dans un récent rapport intitulé
« Perspectives économiques en Afrique », que la fuite des capitaux a privé l’Afrique de plus de 700 milliards de dollars (soit près de 350 000 milliards FCFA) au cours de la décennie écoulée.

En marge de la septième Conférence économique africaine, qui vient de se tenir à Kigali (Rwanda), Ameth Saloum Ndiaye a déclaré :
« Dans la plupart des cas, la fuite des capitaux sur le continent africain est opérée par les acteurs privés en raison d’une incertitude macroéconomique ». Pour le
Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), l’ampleur de la fuite des capitaux est telle qu’elle constitue un obstacle majeur à la mobilisation des ressources domestiques pour le développement national tout en constituant une entrave à la croissance économique à long terme.

L’économiste souligne la responsabilité des pouvoirs publics dans un contexte de mauvaise gouvernance et de mauvaise qualité des institutions, notant que cette fuite réduit les ressources qui auraient pu être investies dans la création de richesses dans les pays d’origine.

En outre, ce phénomène exerce une certaine pression sur le taux de change en augmentant la demande de devises étrangères pour la canalisation de la richesse à l’étranger.

La crise économique et financière mondiale marque un malaise général qui risque d’affecter l’Afrique si aucune action n’est entreprise pour parer à d’éventuels effets négatifs liés à l’instabilité macro économique à travers le continent. Les hypothèses des experts économistes prouvent que le phénomène de la fuite des capitaux provient du transfert vers l’extérieur d’une partie de l’épargne privée domestique et la persistance de cette situation contribue à une baisse de l’épargne sur le continent.
« Seuls les outils de politiques économiques nationales [en Afrique] pourront inverser la tendance […] C’est cela qui pourra améliorer la qualité de vie des populations » , estime Ameth Saloum Ndiaye.

Mais le paradoxe réside dans les difficultés du système bancaire dans la plupart des pays africains où les crises monétaires semblent avoir engendré des coûts économiques et sociaux très importants. Toujours est-il que la dette extérieure et l’aide étrangère visant à contribuer au financement de l’investissement domestique sont parfois utilisées à des fins de financement de l’investissement, dans des situations où le phénomène de la fuite des capitaux persiste.

Pour résumer, l’appel des experts économistes vise à interpeller les pays africains à veiller à ce que la
fuite des capitaux n’entraîne pas une baisse de l’investissement domestique et de la croissance économique.

Les depêches de Brazzaville.

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